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Panneau 16.VA Ce panneau se trouvait dans le hall d'entrée du musée de la 16.VA à Wünsdorf, juste à côté de son QG. Il représente le drapeau des VVS recouvert de l'ordre du Drapeau rouge. Le texte précise : "Forces aériennes militaires du ZGV, décorées de l'ordre du Drapeau rouge; Toujours en alerte, Toujours prêtes au combat". © H.Mambour.

That display board was at the entrance of the 16.VA museum located in Wünsdorf, next to their HQ. It represents the VVS flag covered with the Red Banner order. The text says: 'Military Air Forces of the ZGV, awarded with the Red Banner order; Always on the alert, Always ready for combat'. © H.Mambour.
Badge de la Garde Lors de la Grande Guerre patriotique, les unités qui s'étaient particulièrement distinguées au combat pouvaient être promues unités de la Garde. Décorer les avions de l'emblème distinctif de la Garde était alors autorisé et tout le personnel sans exception pouvait porter le médaillon ci-contre. Huit unités de la 16.VA et de l'AA jouissaient de ce privilège au moment de la réunification. © H.Mambour.

During the Great Patriotic War, units with exceptional combat records could be promoted as Guards units. The application of the Guards emblem on the aircraft was allowed and all the personnel without exception could wear the medallion illustrated here. Eight regiments or divisions of both the 16.VA and the AA had that privilege during the 90s. © H.Mambour.
Née en août 1942 dans l'enfer de Stalingrad à partir d’éléments de la 8ème armée aérienne tactique et des réserves du Commandement suprême de l’Armée rouge, la 16ème armée aérienne tactique soviétique (ou 16 vozdouchnaya armiya - 16.VA) fut, jusqu’à son départ d’Allemagne réunifiée au printemps 1994, le pilier principal des Forces aériennes militaires (VVS) soviétiques en RDA (1). De 1942 à 1945, elle s’était battue sans relâche jusqu’à l’invasion et la défaite finale de l’Allemagne nazie, nombre de ses unités constitutives y gagnant des titres de prestige martial que l’on retrouvait dans les noms de tradition qui leur étaient attachés.
En trois ans d’opérations de guerre une trentaine de ses régiments et divisions avaient ainsi été élevés au rang d’unités de la Garde tandis que plus de 200 de ses pilotes s’étaient vus conférer le titre de Héros de l’Union soviétique.

Kojedoub Parmi ceux-ci l’as des as des VVS et des forces alliées, Ivan Nikolaïevitch Kojedoub, triple Héros de l’Union soviétique avec 62 victoires en combat aérien obtenues pour la plupart sur le front de Biélorussie au cours de quelque 326 missions de guerre. Armée aérienne de tradition forte, la 16.VA ne pouvait décemment pas disparaître de l’ordre de bataille des nouvelles VVS russes. Aussi, fut-elle transférée à Koubinka dans le district militaire de Moscou (précisément à 65 kilomètres au sud-ouest de la capitale russe) dès le premier novembre 1993 et, hasard ou volonté des autorités militaires russes, elle contrôlat encore ultérieurement quelques-uns des régiments qui furent les siens à la fin de sa présence en Allemagne.


Histoire et évolution de la 16.VA - 16.VA history and evolution

Organisation

Peinture murale Zossen Anatoly Kvotchour A l’été 1990, avec ses trois divisions de chasse, ses deux divisions de chasseurs-bombardiers, ses deux régiments d'assaut et d'appui, ses unités de reconnaissance et de guerre électronique et jadis ses deux régiments de bombardiers, auxquels ils convient encore d'ajouter sa propre flotte de transport tactique, la 16.VA était sans conteste l'une des plus moderne si pas la plus puissante des composantes de l'Aviation frontale soviétique (ou Frontovaya Aviatsiya - FA).
Considérée comme armée d’élite, elle recevait souvent avant même et en priorité sur les armées aériennes stationnées sur le territoire national de l’Union soviétique la plupart des nouveaux matériels mis en ligne (voir > statistiques pour 1980). Et comme l'a avoué, il y a quelques années, dans une interview accordée au magazine britannique AirForces Monthly, le célèbre pilote d’essai et de démonstration, Anatoly Kvotchour, elle était l'affectation la plus prisée et la plus demandée par les jeunes pilotes fraîchement promus des écoles d'armes (2).

Général Tarassenko A gauche, le Général Bourlakov, commandant suprême du Groupe des Forces Ouest, en compagnie du Général Tarasenko, commandant de la 16ème Armée Aérienne (Sperenberg, 27 mai 1994). © JL.Debroux

On the left, general Burlakov, supreme commander of the Western Group of Forces, together with General Tarasenko, commander of the 16th Air Army (Sperenberg, 27 May 1994). © JL.Debroux
Zossen HQ Le Quartier Général de la 16.VA à Zossen-Wünsdorf. © G.Botquin.

The 16.VA Headquarters at Zossen-Wünsdorf. © G.Botquin.
Commandée durant ses dernières années d’existence en Allemagne par le lieutenant-général Anatoli Fiodorovitch Tarasenko (du 14 mai 1988 au 27 décembre 1993), la 16.VA avait son auprès de celui du GFSA à Zossen-Wünsdorf, situé à une trentaine de kilomètres au sud de l’agglomération berlinoise. Il s'agissait d'un gigantesque complexe de casernes, terrains et états-majors divers, dont le survol était interdit à toute altitude.
Sur pied de paix, la 16.VA était organisée en deux corps: un au nord, avec un quartier général à Wittstock (71.GvIAK) et un au sud, avec un quartier général à Wittenberg (61.GvIAK). En cas de conflit, cette structure aurait éclaté pour répondre à une stratégie de deux fronts en direction de l'ouest. Pour ce faire, la 16.VA aurait été divisée en deux armées aériennes distinctes, comprenant chacune quatre divisions. Formée à la fin des années quatre-vingt d'un maximum de six divisions aériennes, l'appoint nécessaire lui aurait été fournit par les divisions aériennes de la Force aérienne est-allemande, la Luftstreitkräfte/Luftverteidigung (LSK/LV). Soit, en 1989, deux divisions de chasse regroupant six régiments d’intercepteurs (quatre sur MiG-21, un sur MiG-23 et un en transformation sur MiG-29) et un élément tactique composé de trois régiments de chasseurs-bombardiers (un sur MiG-23BN et deux sur Soukhoï Su-22M4), toutes unités bien entendu intégrables sans délai puisque non seulement dotées d’un matériel d’origine soviétique mais fonctionnant aussi entièrement sur le modèle des VVS.

MiG-21 50 ans 16.VA Médaillon émis à l'occasion des 50 ans d'existence de la 16.VA en 1992. © H.Mambour.

Medallion produced in 1992 to celebrate the 50th anniverary of 16.VA. © H.Mambour.
Comme la plupart des armées aériennes tactiques soviétiques, la 16.VA était composée de divisions aériennes (ou Aviatsionnaya Diviziya). Chaque division était constituée, en règle générale, de trois régiments (ou Aviatsionniy Polk), eux-mêmes généralement structurés en deux ou trois escadrons (ou Aviatsionnaya Eskadrilya), alignant chacun entre douze et quinze appareils.
La 16.VA remplissait principalement quatre types de missions en R.D.A.: la défense aérienne, l'interdiction aérienne ainsi que l'appui et la reconnaissance tactique.

Su-24 Décollage d'un Su-24 "Fencer-C" de la 16.VA. © DR.

A 16.VA Su-24 "Fencer-C" on take off. © DR.
Deux régiments de bombardement étaient attachés à la 105è division de chasseurs-bombardiers (Aviatsionnaya Diviziya Istrebiteley-Bombardirovchtchikov - ADIB) de la 16.VA. En 1981, le 116. "Radomskiy" GvAPIB (Aviatsionniy Polk Istrebiteley-Bombardirovchtchikov - régiment de chasseurs-bombardiers) de Brand échangeait ses Su-7B/BM contre trente Su-24 "Fencer-B/-C", devenant ainsi un regiment de bombardement (Bombardirovchtchniy Aviatsionniy Polk - BAP) (3). C'est à l'occasion du rééquipement de ce régiment avec des Su-24M "Fencer-D" en 1985, que le 497.APIB de Grossenhain volant sur Soukhoï Su-17M2, commençait sa conversion sur Su-24 "Fencer-B/-C" en récupérant l'équivalent d'un premier escadron de "Fencer-C" provenant du 116.GvBAP. A l'issue de cette transformation l'année suivante, le 497.BAP mettait en ligne une trentaine de Su-24. Ces deux unités furent, en 1989, les premiers éléments de la 16.VA à faire les frais de la politique de désarmement unilatérale engagée par l'U.R.S.S.

MiG-27K En gage de bonne foi vis-à-vis des occidentaux, ses chasseurs-bombardiers à long rayon d'action Soukhoï Su-24 ”Fencer” étaient rapatriés et remplacés par des appareils présentant un profil beaucoup moins offensif : des MiG-27K ”Flogger-J2” et un régiment de MiG-29 (4).

A la veille de l'unification allemande, la 16.VA comptait un peu plus de 700 avions, composés d'environ 300 intercepteurs, 280 chasseurs-bombardiers, 80 avions de reconnaissance et une trentaine d'appareils de liaisons et de transport. Pour mieux cerner encore la puissance de cet arsenal, il convient de signaler que le parc avion de la 16.VA avait, de par l’introduction de nombreux nouveaux modèles d’appareils au cours des années 80, une moyenne d’âge inférieure à dix ans.

Flightline Finow Difficile d'appréhender la puissance de la 16.VA en photos. Pas moins de 20 lignes de vol identiques à celle-ci pouvaient être remplies d'avions de combat (Finow, 11 mai 1993 avant le départ). © H.Mambour.

It is difficult to apprehend the strength of the 16.VA with pictures only. Just bear in mind that no less than 20 flightlines identical to this one could be filled with combat aircraft (Finow on 11th May 1993 just before the departure from Germany). © H.Mambour.

notes

(1) En cinquante ans d’existence, l’armée aérienne en charge du contrôle des forces d’aviation soviétiques stationnées en Allemagne changea par deux fois de numérotation tactique. La première fois en 1949 lorsque la 16.VA devenait la 24.VA et la seconde quand, en 1968, elle revint à sa désignation originelle de 16.VA. La désignation de 24.VA était alors transférée à l’armée aérienne tactique stationnée en Ukraine dont le Q.G. était à Vinnitsa (à ne pas confondre avec sa jumelle numérique, la 24.DA ou armée aérienne stratégique dont le Q.G. se trouvait à Legnica en Pologne). Pour plus de détails, voir > Histoire et évolution de la 16.VA.
(2) Au milieu des années 70, Anatoly Kvotchour, alors jeune officier diplômé de l’école de pilotage militaire de Iéisk (proche de la mer d’Azov), rejoignait à sa demande les rangs de la 16.VA où il était affecté au premier régiment des VVS à être rééquipé du Su-17M “Fitter-D”: le 20.GvIBAP de Gross Dölln. D’après: RYBAK (B.), Anatoly Kvochur, Test Pilot, in AirForces Monthly.
(3) Les Su-24 ont fait l'objet d'une première présentation à la 16.VA en juillet 1979, lorsque quelques appareils du 455.BAP de Voronej furent déployés à Gross Dölln à l'occasion de l'exercice "Oudar 79". Il s'agissait de la première projection de "Fencer" hors de l'URSS. Des démonstrations en vol eurent lieu à Gross Dölln, tandis qu'une démonstration de tir fut également organisée sur le champ de tir de Wittstock vraisemblablement dans le cadre de l'exercice précité.
(4) Ces mutations furent pour le moins coûteuses notamment sur le plan logistique, puisque pas moins de cinq unités firent mouvement à cette occasion lors d'un véritable jeu de chaises musicales !
Le 497.BAP a rejoint la terrain de Lida (District Militaire du Belarus), chassant ainsi le 911.APIB local et ses MiG-27K qui rejoignirent Brand, d'où le 116.GvBAP était parti pour Ross également au Belarus, chassant à son tour les MiG-29 du 968.IAP qui firent mouvement vers Altenburg, alors que les MiG-27D/M du 296.APIB évacuaient Altenburg pour Grossenhain afin d'occuper les installations laissées vacantes du 497.BAP ! Ainsi, les Su-24/M des 116. et 497.BAP formèrent avec les "Fencer" du 305.BAP de Postav la 1.BAD dont le siège était à Lida. Le 116.GvBAP fut transféré à l'aviation bélarussue en 1993 (116.BRAB), tandis que les 305. et 497.BAP partirent pour l'aérodrome de Krasnodar en Russie.
Une courte video de la télévision soviétique tournée à Grossenhain en 1989 avant le retrait des Su-24 peut être téléchargée > ICI.
On notera également que dès 1987, le 727.BAP basé à Debrecen en Hongrie rentrait au pays à Kanatovo, tandis que le 88.GvAPIB et ses MiG-27D quittait ce même aérodrome pour Debrecen.



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