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M6 Une cible M-6 accrochée sous le ventre d'un MiG-23UB tchécoslovaque. D'un diamètre de 28 cm, elle mesurait un peu plus d'un mètre de long et pesait 98 kg. © S.Rogl.

An M-6 target under the belly of a Czechoslovak AF MiG-23UB. It was a little bit more than one meter long with a diameter of 28 cm. The weight was 98 kg. © S.Rogl.
MiG-21bis Il n'était pas indispensable d'avoir recours aux remorqueurs pour pratiquer le tir de missiles air-air, car certaines cibles spécifiques à ce type d'entraînement pouvaient également être emportées par des avions de chasse. Ces dernières ressemblaient à s'y méprendre à de l'armement ! L'une d'elle était la cible freinée M-6 qui avait les formes et le volume d'une bombe classique de 100 kilos, mais avec des empennages réduits à leur plus simple expression - un Il-28 dépourvu de treuil pouvait en emporter jusqu'à dix dans sa soute à bombes et deux sous les ailes. Après larguage, ces objectifs descendaient doucement - 5 à 8 mètres par seconde - attachés à une corde de 9 mètres sous un parachute-frein de 36m² en émettant un puissant rayonnement infrarouge d'une intensité de deux millions de bougies généré par un système interne de combustion lent, offrant ainsi une cible de choix pour les missiles à autodirecteur infrarouge. Libérée depuis une altitude pouvant aller de 2.500 à 17.000 mètres - des rapports d'écoute occidentaux mentionnaient des Il-28 larguant une cible à 12.000 mètres - à la vitesse de 750 à 1200 km/h, ce dispositif pouvait brûler pendant 195 secondes minimum.

M6 Il y avait également sous la coupole du parachute parachute, une structure de type pyramidale faite de toile métallisée qui offrait une signature radar équivalente à celle d'un bombardier moyen, permettant ainsi le tir de missiles à guidage radar. Un MiG-21 pouvait "voir" l'objectif au mieux depuis une distance de 20 km et tirer un missile R-3S à 5 ou 8 km. Plutôt résistante, la cible M-6 était capable, dans le meilleur des cas, d'encaisser jusqu'à deux missiles.
Les bombes éclairantes SAB (Svetyachtchaya Aviatsionnaya Bomba) utilisées autrefois pour la reconnaissance ou le bombardement nocturne étaient également utilisées en guise de cibles. Leur dispositif pyrotechnique leur permettait de jouer le même rôle que les cibles M-6 sans toutefoir permettre le tir de missiles à guidage radar. Si la bombe SAB-100 utilisait la même enveloppe externe que la cible M-6, la taille et parfois la forme des autres bombes SAB variait en fonction de leur calibre (SAB-100/90, SAB-100MN/MP, SAB-250-200, SAB-250T ou encore SAB-500-350...).

Zóna Balt

SAB M-6 Chaque bombe libérait après son larguage sept dispositifs incandescents qui descendaient sous un parachute individuel. Le déploiement des dispositifs en question suivait la chronologie suivante : après larguage de la bombe, une amorce mécanique ou électronique allumait une charge de cordite au bout de quelques secondes afin d'éjecter le couvercle arrière de la bombe. Ce processus était aidé par le déploiement d'un petit parachute extracteur derrière le couvercle. Ce dernier entraînait lors de son éjection l'ouverture des parachutes extracteurs des dispositifs éclairants qui avaient déjà été allumés automatiquement, lorsque le couvercle de la bombe s'était détaché. Ensuite, le parachute extracteur des torches déployait progressivement le parachute principal de ces dernières qui se consumaient durant cinq minutes. Incidemment, ce type de bombe a fait les beaux jours des ufologues le 24 août 1990, lorsque plusieurs points lumineux apparemment stationnaires furent observés et filmés par de nombreuses personnes dans la région de Greifswald. D'aucuns virent même une boule lumineuse se rapprocher de la formation principale, pour disparaître une fois arrivée à sa hauteur. En fait, un missile fonçant sur une cible et dont le moteur s'arrêta faute de combustible peu de temps avant d'atteindre son objectif ! Chose amusante, c'est le général Tarasenko lui-même qui a confirmé dans un documentaire réalisé quelques années plus tard que les OVNIs observés ce soir-là étaient bel et bien des SAB (> Lien à 30'06"). Un consensus voudrait que ce soient les tchécoslovaques qui étaient actifs dans la LSZ II ce jour-là, mais aucun document connu ne permet de le corroborer.

Une autre cible en usage était le projectile RM-3V (Raketa-Michen, missile-cible) dérivé du missile Vympel K-13 (AA-2 "Atoll"). Les avions porteurs emmenaient des missiles bons de guerre et des missiles R-3P (Praktitcheskaya, entraînement) dépourvus de tête explosive. Le leader tirait d'abord un RM-3V, tandis que son ailier l'abattait. Ensuite, le processus était inversé, l'ailier tirant à son tour un RM-3V et le leader un missile actif. Il était possible de lancer un missile jusqu'à 25 secondes après le départ d'un RM-3V.

Une affectation de rêve

Flightline Su-25BM En prélude au retrait annoncé des Il-28, un exemplaire du 65.OBAE fut convoyé par le pilote de Première classe Oleg Kozlov à Altes Lager durant l'été 1986, pour y servir de cellule d'instruction technique (1). Les appareils de cet escadron étaient retirés du service au mois de novembre suivant pour être remplacés par douze MiG-23M et UB - le choix du MiG-23M était sans doute une mesure intérimaire en attendant l'entrée en service d'une machine plus adaptée. L'origine de ces appareils reste sujet à caution. Tout au plus, pouvons nous constater qu'une carcasse de MiG-23M originaire du 35.APIB de Zerbst était présente dans le dépotoir de Damgarten en 1992. Le 74.OBAE fut quant à lui dissous également en novembre 1986. La composition du 65.OBAE changea avec l'arrivée des "Flogger". Elle était constituée de deux sections (Aviazveno) plus une troisième section indépendante (le 125.OBAZ) composée d'éléments de feu le 74.OBAE. Les MiG-23M utilisaient des cibles M6 (tel était le cas pour entraîner les marins à Swinoujscie), des cibles planantes (sans doute des PM-6), ainsi que des roquettes lance-paillettes de type S-5P - elles produisaient une signature radar faisant office de cible - qui étaient emportées par de classiques conteneurs UB-32. Enfin, à Wustrow, les MiG-23 servaient uniquement de cibles miroir (2).

Les "Flogger" du 65.OBAE ne pratiquaient pas le remorquage de cibles. Ces appareils ne sont pas restés en service très longtemps, car leur retrait intervenait déjà en novembre 1989 lorsque les avions furent convoyés et stockés sur l'aérodrome de Step (Olovyannaya) en Sibérie. Le 25 novembre, deux Su-25 du 357.OChAP de Brandis rejoignirent le 65.OBAE pour que les pilotes puissent s'entraîner sur cette nouvelle monture. De plus, un biplace neuf Su-25UB (n°50) fut convoyé d'Oulan-Oudé à Damgarten au mois d'avril suivant. C'est au début du mois de mai 1990 que le 65.OBAE réceptionna dix nouveaux Su-25BM tracteurs de cibles porteurs de codes jaunes en provenance de Tbilissi en Géorgie (n°01-06 / 08-11) (voir > L'aviation d'Assaut, part 9). Le Su-25UB resta en ligne avec l'unité, tandis que les deux Su-25 provenant de Brandis furent envoyés à Ovroutch en Ukraine pour y être stockés. Le remorquage de cibles aurait dû reprendre avec ces nouveaux appareils, mais le nouveau système de remorquage Kometa était encore en phase de test pour n'aboutir qu'en octorbre 1991. Cependant, les Su-25BM étaient aptes à l'emport de cibles M6 et PM-6. On notera que des L-39C ont également été observés à Damgarten aux côtés des Su-25BM. Nous ignorons cependant si ces avions étaient attachés au 65.OBAE ou détachés du 368.OChAP de Demmin. Aussi, au plus tard fin juillet 1990, deux nouveaux Su-25BM rejoignirent quant à eux directement le 368.OChAP. Contrairement aux pratiques réglementaires habituelles, ces derniers furent livrés dépourvus de codes et ils reçurent par après les n°16 et 17. En octobre 1990, les avions du 65.OBAE étaient redéployés à Demmin et le personnel de l'escadron réparti entre le 357.OChAP et le quatrième escadron du 368.OChAP (3). Le 65.OBAE était en effet dissous dans la foulée le premier novembre 1990. Les codes jaunes des avions seront repeints (et parfois changés) en rouge afin de les mettre en conformité avec ceux du 368.OChAP. Les 12 Su-25BM furent tous affectés au premier escadron, tandis que 16 Su-25 étaient transférés au 357.OChAP à Brandis où ils remplacèrent vraisemblablement les machines ayant le moins de potentiel restant.

With special thanks to Oleg Kozlov for his unstinting help

 Su-25 ex-65.OBAE PHOTO PAGE 
Il-28 WRECKS PHOTO PAGE 
notes

(1) Différents Il-28 solitaires ont été observés sur plusieurs bases au cours du temps. Certains étaient utilisés pour l'entraînement à la réparation des dégâts reçus au combat.
(2) L'avion faisant office de cible était accroché par un radar de l'unité de tir. Un second radar répétait l'echo de cet avion mais avec des coordonnées différentes. C'est vers ce second écho fictif ou miroir, que les obus ou les missiles étaient tirés. Un dispositif spécial permettait d'évaluer si l'objectif avait été atteint. Schéma de principe > ICI.
(3) Andrey Kojemyakine, spécialiste des Su-25 et auteur de l'ouvrage en deux volumes intitulé "Chtourmovik Su-25, En action depuis 30 ans" (Chtourmovik Su-25, Tridtsat' Let v Stroyou) nous précise qu'en 1989, de nombreuses unités furent dissoutes et par conséquent, beaucoup de pilotes se retrouvèrent sans avions. C'est ainsi que fut prise la décision de créer un quatrième escadron au sein de plusieurs régiments, tandis que le nombre d'appareils en service avec ces mêmes unités restait identique. Les pilotes en surplus des 4è escadrons volaient donc sur les avions des trois escadrons constitutifs d'un régiment traditionnel. Il n'est pas certain que le 357.OChAP de Brandis se vit attribuer un escadron supplémentaire. Ce fut par contre le cas à Demmin, dont le 4è escadron fut formé en novembre 1989 selon les directives officielles.


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