T-80 Alors que les premiers T-80 du GFSA furent observés pour le première fois au début des années 80, les premières photographies de chars T-80 soviétiques déployés en Pologne ne furent réalisées qu'en 1987 (T-80B photographiés à proximité d'un camp militaire soviétique, près de Legnica). © Amicale MMFL.

Whereas the first T-80 of the GSVG were observed for the first time in the early eighties, the first pictures of Soviet T-80 deployed in Poland were exposed in 1987 (T-80B photographed near a soviet military camp at Legnica). © MMFL Association.
En ce qui concerne les chars, seul le GFSA est équipé de T-64. Ce char ne sera jamais exporté. Dans les années 1985, on voit arriver de manière significative le T-80. Le GFN, est équipé de T-62 et je contribuerai, grâce, dans un premier temps, à l’analyse de barbotins épars sur un quai de gare militaire puis, dans un second temps, grâce à l’observation directe, à découvrir les premiers T-80 en Pologne, en 1987, à la surprise des Américains qui mettaient des moyens énormes de recherche, y compris satellitaires. Ils commencent à remplacer le T-62B et le T-55 mod. Les Polonais, quant à eux, s’équipent de T-72 et de T-55 modifié Kladivo, du nom de la première observation faite par le poste militaire français en ce lieu. Les autres forces, NVA notamment, sont équipés du T-72M 81/2 et du T-55 rénové, qui est en fait beaucoup plus fiable que le T-62. Le T-72 n’équipera que les forces soviétiques basées sur le territoire de l’URSS. Les stocks de T-55 de réserve sont considérables. Les chars soviétiques sont de bons chars, rustiques, fiables, à la conduite de tir couplée à un canon stabilisé pouvant tirer obus et missiles, et aux moyens d’acquisition suffisant pour un combat en Centre Europe. Ils sont observés sur piste tactique en unité complète, dans une marche en avant souvent précédée d’un franchissement (Elbe ou Vistule). Le rapport de forces entre pacte de Varsovie et OTAN est objectivement de 3 à 4 contre 1 dans le domaine des blindés et de l’artillerie. Seul le domaine 3D, à l’exclusion des hélicoptères, est en faveur de l’OTAN.

Invasion plan Les derniers plans d'invasion de l'Europe de l'Ouest furent découverts après la chute du mur. De nombreuses frappes nucléaires tactiques devaient appuyer l'invasion éventuelle et il était prévu que le premier échelon des forces soit pour ainsi dire annihilé, le second échelon devant compenser les pertes subies (TVD = théâtre d'opération militaire / AP = armée populaire).

The last invasion plans of Western Europe were discovered after the fall of the Berlin Wall. Numerous tactical nuclear strikes would have supported the possible invasion and the loss of almost all the forces taking part to the initial attack had been taken into account (TVD = military operation theater / AP = people's army).
La désinformation était à double détente, certains maintenaient que les matériels soviétiques étaient vulnérables, d’autres avançaient des chiffres volontairement surévalués, ce qui arrangeait bien les lobbies militaro-industriels qui avaient intérêt à surdimensionner la menace afin d’obtenir toujours plus de moyens et de crédits. La vérité était que les observateurs de terrain et notamment les membres des missions de Potsdam, américaine, britannique et française, décrivaient la réalité d’un outil sinon performant au moins réel et opérationnel, dans des proportions que les états-majors ne pouvaient en totalité prendre en compte sans remettre en cause une partie des choix qui étaient les leurs. Face aux T-64 et aux BMP-2 et surtout à leur nombre, nos AMX-30 et nos AMX-10P n’auraient pas pesé bien lourds. Il est vrai que nous n’aurions pas été en première ligne, et pour cause. La capacité totale de la force blindée de l’armée française se comparait à peine à la capacité de deux divisions du GFSA, et encore pas totalement puisque notre déficit en appui, en 3D et en couverture antiaérienne était plus que flagrant. Cette réalité difficile à admettre était pourtant l’unique évidence à retenir. Quant à notre capacité à combattre était-elle à l’époque si supérieure à celle de nos adversaires ? Les ressources de l’URSS, matières premières, industrie lourde, production d’armement étaient immenses, et son glacis une garantie d’impossibilité pour l’OTAN de frapper loin dans la profondeur, à l’exclusion des frappes nucléaires, mais dans ce cas, on serait entré alors dans une autre dimension. Les plans d’invasion de l’Ouest sont maintenant largement connus par l’étude des archives de la Stasi et de la NVA, rendue possible après la chute du mur de Berlin.

BTR-60 Un blingé léger de transport de troupes BTR-60 traversant une ville quelque part en RDA. © Amicale MMFL .

A light armored troop carrier BTR-60 downtown somewhere in GDR. © MMFL Association.
Le 7 décembre 1988, le Président Gorbatchev annonce à l'assemblée générale des Nations-Unies la réduction unilatérale des forces classiques soviétiques, en particulier de celles stationnées dans les pays de l'Est. Ce train de matériel de génie, dont je suis l’observateur faisait donc partie avant la chute du mur de Berlin de cette décision motivée par le désir de lâcher du lest. Il ne sera pas le seul à être observé. Peu à peu les évènements s’accélèrent, la pression américaine est forte, L’URSS ne peut plus suivre la machine américaine qui, à coup de dollars, maintient l’illusion de la guerre des étoiles. Gorbatchev est à la tête d’un pays qui ne peut plus faire face à l’inéluctable besoin des populations vers le mieux vivre. Le système militaro-industriel est à bout de souffle. Les pays de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, montrent la voie. Seule la RDA, avec Honecker totalement coupé des réalités, semble résister à la marche de l’histoire. Gorbatchev n’a plus qu’un choix, celui de montrer sa bonne volonté, et d’essayer de sauver ce qui peut encore l’être. Cette diminution des forces ne porte, en fait, que sur deux divisions et une brigade, et s'appuie sur la promesse du retrait de six divisions qui ne serait que la contre-partie d'un retrait américain en RFA. Mais Kohl estime qu’un retrait de l'USAREUR est prématuré. Le rapport global des forces ne change pas.

Le retrait des forces soviétiques d'Europe de l'Est  < Part 1   > Part 3

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